Cinéma Français

Trois jours, la noce de mes parents a duré trois jours. Mon père était le plus habile des valets de ferme, le grand valet, celui qui s’occupe des chevaux, un écuyer en quelque sorte. Ma mère, douce mais forte, avait la volonté farouche des femmes du pays bigouden. Moi, je suis arrivé très vite. Au moment où la misère sévissait tellement que beaucoup de nos voisins se tuaient où tentaient de quitter le pays. Mais nous, nous avons toujours eu l’orgueil de vaincre. Nous sommes restés. Pour avoir un peu d’argent, une pièce de la maison était louée à Jeannot-les-mille métiers, un mauvais payeur que mon père a mis dehors. Mon grand-père, lui, m’a appris à être fier. Quand éclata la guerre de 1914, les hommes du village sont partis. Ce sont les femmes qui les ont remplacés. Et mon père est revenu, enfin, avec un galon de plus. Nous étions repartis sur le cheval d’orgueil. L’orgueil, celui qui sert de monture à ceux qui n’ont pas de cheval, mais de la dignité.[1]

Distribution 19

Équipe technique

Sociétés

Coproduction
TF1

Photographies 3

Fiche technique

Sortie en salle
24 septembre 1980[1]
Couleur
Couleur[1]